Canadian Association for Supported Employment

Soutenir les jeunes pendant les périodes de chômage

Au cours des dernières années, les jeunes au Canada ont dû affronter de nombreux défis sur le marché du travail, et plusieurs ont envoyé d’innombrables candidatures… sans résultats.

Le taux de chômage élevé chez les jeunes, particulièrement chez les jeunes en situation de handicap et les jeunes aux identités croisées, s’explique par de multiples facteurs, et pas seulement par l’IA. Les répercussions pourraient se faire sentir à long terme.

Les prestataires de services et les employeurs peuvent mettre en place des pratiques qui favorisent des transitions professionnelles et des expériences positives pour les jeunes à la recherche d’un emploi et les jeunes qui travaillent.

Two young people with medium skin tone are sitting in front of a laptop and are turned sideways to smile at the camera. | Deux jeunes gens au teint moyen sont assis devant un ordinateur portable et se tournent de profil pour sourire à la caméra.

Crédit: Francis Odeyemi via Unsplash

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Le chômage demeure élevé, particulièrement chez les personnes jeunes sous-représentées

En septembre 2025, le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans a atteint 14,7 %, son niveau le plus élevé depuis la récession de 2010, sans compter la pandémie de COVID-19. Le taux d’emploi s’établissait à 53,8 %, soit son niveau le plus bas depuis novembre 1999 (Statistique Canada, 2025).

Bien qu’en juillet 2026, le taux de chômage chez les jeunes ait chuté à 12,6 %, il demeure supérieur à la moyenne de 10,8 % enregistrée avant la pandémie (Statistique Canada, 2026). De plus, le taux de chômage demeure considérablement plus élevé chez les personnes jeunes sous-représentées que le taux de chômage chez celles qui ne sont ni racisées ni autochtones ainsi que chez les jeunes qui ne sont pas en situation de handicap.

En 2025, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans en situation de handicap était considérablement plus élevé (18,3 %) que celui des jeunes n’étant pas dans cette situation (12,6 %). En juillet 2026, le taux de chômage était à son niveau le plus élevé chez les jeunes personnes noires (22,6 %), autochtones (17,3 %), chinoises (15,4 %) et sud-asiatiques (13,9 %).

Taux de chômage au Canada
des jeunes de 15 à 24 ans — Juillet 2026

  • Personnes noires 22,6 %
  • Personnes autochtones 17,3 %
  • Personnes chinoises 15,4 %
  • Personnes sud-asiatiques 13,9 %
  • Personnes non racisées et non autochtones 11,6 %

Taux de chômage au Canada
des jeunes de 15 à 24 ans — 2025

  • Jeunes en situation de handicap 18,3 %
  • Jeunes n’étant pas en situation de handicap 12,6 %

Sources: Statistique Canada (Enquête sur la population active, juillet 2026), Statistique Canada (Caractéristiques de la population active selon le groupe autochtone détaillé, 2026), Statistique Canada (Indicateurs du marché du travail pour les personnes avec et sans incapacité, 2026), gouvernement du Canada (2025)

L’IA n’explique pas tout

Le chômage et le sous-emploi chez les jeunes au Canada ne sont pas uniquement attribuables à l’intelligence artificielle (IA). Alors que des recherches menées aux États-Unis font état d’une diminution des emplois de niveau débutant depuis l’adoption de l’IA générative, les données canadiennes indiquent que cette diminution avait commencé avant l’arrivée de celle-ci (TD, 2026).

En général, lorsque l’économie s’essouffle et que l’embauche ralentit, les employeurs réduisent habituellement le nombre de postes de niveau débutant et embauchent souvent les jeunes en dernier, en raison de leur manque d’expérience.

Tendance à la baisse de l’emploi des jeunes depuis les années 1980

Les données indiquent que, chez les jeunes de 20 à 24 ans, le taux de chômage se situe là où il devrait se trouver compte tenu des conditions du marché. Toutefois, chez les adolescentes et les adolescents de 15 à 19 ans, ce taux est beaucoup plus élevé que prévu (TD, 2026).

Depuis la fin des années 1980, les tendances à long terme en matière d’embauche dans les différents secteurs pour les jeunes personnes qui travaillent sont à la baisse, tandis que le taux de chômage chez les jeunes est à la hausse (Deloitte, 2024). La part des personnes plus jeunes qui travaillent au sein de la population active a chuté, passant de 21 % en 1987 à 13 % aujourd’hui (TD, 2026).

La part des personnes plus jeunes qui travaillent au sein de la population active a chuté, passant de 21 % en 1987 à 13 % aujourd’hui (TD, 2026).

Un plus grand déclin enregistré dans les domaines de l’hospitalité/services alimentaires et de détail

La majeure partie de la baisse récente s’est produite dans les secteurs de l’hospitalité/des services alimentaires ainsi que dans celui du commerce de détail : les secteurs qui emploient le plus grand nombre de jeunes.

Bien que le nombre de jeunes qui travaillent ait en fait augmenté dans les secteurs de l’hospitalité et des services alimentaires, celui-ci se rétablit encore des répercussions de la pandémie. En revanche, dans le commerce de détail, le virage entamé vers le commerce électronique et l’automatisation a réduit le nombre d’emplois de niveau débutant offerts aux jeunes (TD, 2026).

Le travail à distance : des embûches à l’embauche, au mentorat et à l’apprentissage

La hausse du télétravail après la pandémie a également eu des conséquences sur l’embauche en début de carrière, ainsi que sur le mentorat et l’apprentissage en milieu de travail; ces obstacles peuvent être plus difficiles à surmonter dans un environnement virtuel.

La diminution des mesures de soutien a laissé de nombreuses jeunes personnes qui travaillent aux prises non seulement avec la difficulté de trouver un emploi, mais aussi avec celle de s’adapter aux nouveaux postes qu’ils et elles parviennent à décrocher (TD, 2026).

Plus de jeunes et de concurrence pour les emplois

Depuis 2023, la population canadienne âgée de 15 à 24 ans a augmenté d’environ 360 000 personnes, dont 60 % dans la tranche des 20 à 24 ans. Bien que cette situation puisse être une bonne nouvelle pour notre main-d’œuvre vieillissante, l’arrivée simultanée d’un grand nombre de jeunes sur le marché du travail signifie qu’une concurrence s’installe pour décrocher un emploi (TD, 2026).

Il en résulte que davantage de jeunes de 15 à 24 ans disent vouloir travailler, mais ne cherchent pas d’emploi parce que la situation les décourage. Depuis 2024, la croissance démographique de cette tranche d’âge suit une forte tendance à la baisse, ce qui entraînera probablement une diminution de la concurrence au cours des prochaines années (TD, 2026).

Davantage de jeunes souhaitent travailler, mais ne cherchent pas d’emploi parce que la situation les décourage.

Empty chair in front of half closed laptop. | Chaise vide devant un ordinateur portable à moitié fermé.

Credit: Luca Bravo via Unsplash

Tous les ingrédients sont réunis pour des conséquences à long terme

Le chômage de longue durée — soit la proportion de personnes sans emploi, y compris les jeunes, qui cherchent du travail depuis 27 semaines ou plus — est en hausse depuis 2023. Pour de nombreux jeunes, les difficultés liées à la recherche d’un emploi sont exacerbées par des lacunes en matière d’éducation et de compétences professionnelles attribuables à la pandémie de COVID-19 (EDSC, 2025).

En plus du chômage, ces jeunes personnes sont davantage exposées à d’autres difficultés, notamment aux répercussions des médias sociaux, au coût élevé de la vie, aux problèmes d’abordabilité du logement et à l’accélération des changements climatiques.

Tous ces facteurs, combinés à l’instabilité politique et économique actuelle, pourraient créer un véritable « cocktail explosif » susceptible d’avoir des répercussions à long terme sur les jeunes personnes qui travaillent (Tobin — Centre des compétences futures, 2024).

« Les longues périodes de chômage et d’inactivité sont également associées à une détérioration de la santé mentale et des relations sociales, particulièrement chez les jeunes personnes déjà défavorisées. »

Tobin — Centre des compétences futures, 2024

Le chômage peut aggraver la santé mentale

Les périodes de chômage au début de la vie peuvent entraîner une moins bonne santé mentale et une moins grande satisfaction à l’égard de la vie. Le niveau de confiance et la participation aux activités citoyennes des personnes sans emploi sont généralement plus faibles (Deloitte, 2024).

Le chômage chez les jeunes, particulièrement lorsqu’il s’accompagne d’autres facteurs, est également associé à des risques accrus de consommation abusive d’alcool et de substances illicites ainsi que de participation à des activités criminelles. Les conséquences du chômage précoce peuvent se prolonger à l’âge adulte, quelle que soit la situation professionnelle future (Deloitte, 2024).

Soutenir des transitions professionnelles positives chez les jeunes

Les prestataires de services et les employeurs peuvent mettre en place des pratiques qui favorisent des transitions professionnelles et des expériences positives pour les jeunes à la recherche d’un emploi et les jeunes qui travaillent.

Une bonne pratique qui ressort de nombreux rapports consiste à favoriser la collaboration entre les gouvernements, les prestataires de services, les organismes locaux et les entreprises afin de combiner plusieurs interventions dans le cadre d’une approche globale qui optimise les ressources et permet de mettre en commun les expertises. L’intégration de programmes et de services, comme la recherche d’emploi, la formation, les mesures de soutien globales et les services de santé mentale, peut répondre aux besoins multiples des jeunes au moment de leur transition vers l’emploi.

Pour les prestataires de services

  • Étudiez l’intégration des programmes d’emploi dans les services de santé mentale qui existent déjà afin de répondre aux multiples obstacles et défis auxquels la jeunesse est confrontée.
  • Offrez des programmes de formation qui jettent des passerelles entre l’éducation et le monde du travail en renforçant les compétences professionnelles techniques et non techniques des personnes à la recherche d’un emploi.
  • Développez les compétences en matière d’entrepreneuriat, notamment les connaissances financières, et facilitez l’accès au capital physique, financier et social nécessaire au travail autonome.
  • Mettez l’accent sur une adéquation efficace et personnalisée entre les personnes à la recherche d’un emploi et les employeurs.
  • Repérez les possibilités d’apprentissage à court terme qui peuvent aiguiser les compétences des personnes à la recherche d’un emploi et maintenir leur relation avec le marché du travail, comme le mentorat, les visites en milieu de travail ainsi que les programmes gouvernementaux axés sur l’emploi.
  • Consultez des trousses à outils et tirez parti des connaissances locales pour mieux soutenir les jeunes aux identités croisées qui recherchent un emploi. Par exemple, la trousse à outils La force dans la structure présente 10 objectifs pour les programmes offerts par les prestataires de services afin de soutenir les jeunes personnes noires.

Pour les employeurs

  • Évaluez vos pratiques de recrutement et d’intégration afin d’éliminer les obstacles potentiels et de veiller à ce qu’elles soient accessibles et inclusives pour les jeunes en situation de handicap et les jeunes aux identités croisées.
  • Offrez aux jeunes à la recherche d’un emploi des possibilités d’apprentissage expérientielles en personne et virtuelles, en particulier dans les régions rurales et éloignées, comme le mentorat, les visites en milieu de travail ou les expériences de travail pratiques.
  • De nombreux employeurs affirment être trop occupés et ne pas avoir le temps d’accompagner les personnes à la recherche d’un emploi ou les nouvelles recrues. Trouvez une approche qui correspond à vos capacités. Par exemple :

    • Organisez une demi-journée de mentorat avec observation en milieu de travail, ce qui vous permet de continuer votre travail tout en prenant quelques moments ici et là pour discuter des tâches à accomplir.
    • Soutenez les jeunes personnes qui travaillent en les laissant suivre des formations en ligne pendant leurs heures de travail pour qu’elles développent leurs compétences générales et celles liées à leur emploi; celles-ci pourront ensuite être mises en pratique dans le cadre de leurs tâches professionnelles.
    • Invitez des jeunes à la recherche d’un emploi et des jeunes personnes qui travaillent à des activités de réseautage professionnel et aidez-les à entrer en contact avec d’autres personnes.
    • Si vous travaillez à distance, réservez 20 minutes chaque semaine pour les passer avec des jeunes personnes qui travaillent pour échanger au moyen de questions et de mise en commun des connaissances.
Two young workers with medium skin tone sit at a work table and look at a laptop, with one worker typing. | 105 Deux jeunes membres du personnel au teint moyen sont assis à une table de travail et regardent un ordinateur portable, l'un d'eux tapant au clavier.

Crédit: UK Black Tech via Unsplash

Offrez un environnement flexible et favorable qui permet aux jeunes personnes qui travaillent d’apprendre et de travailler de la manière qui leur convient le mieux.

  • Favorisez un environnement positif entre pairs en regroupant les jeunes personnes qui travaillent pour réaliser des tâches ou des projets pour leur permettre de développer leurs compétences en travail d’équipe et d’apprendre les uns des autres. Jumelez les groupes à une personne expérimentée qui peut agir comme personne mentore et offrir son soutien.
  • Offrez un environnement flexible et favorable qui permet aux jeunes personnes qui travaillent d’apprendre et de travailler de la manière qui leur convient le mieux. Certaines personnes apprennent mieux par la pratique, d’autres en regardant et d’autres encore en lisant. Certaines personnes apprennent mieux seules, tandis que d’autres préfèrent apprendre avec leurs collègues. Demander aux jeunes personnes qui travaillent comment ils et elles préfèrent apprendre et travailler.

    • Si une personne préfère apprendre en regardant une vidéo, mais que vous n’en avez pas pour le moment, demandez-lui si elle aimerait créer une vidéo illustrant une tâche précise.
  • Veillez à ce que les jeunes personnes qui travaillent connaissent les mesures de soutien en santé mentale offertes dans votre milieu de travail et les comprennent.

Ressources supplémentaires

  • Les jeunes en situation de handicap (personnes mentorées) et les employeurs (mentors) peuvent participer à une courte expérience de mentorat, d’une durée de 1 heure à 1 journée, dans le cadre de MentorHabiletés.
  • Améliorez l’accessibilité et l’inclusion de vos pratiques de recrutement et d’intégration avec la Boîte à outils de politiques de RH inclusives de l’ACSE.
  • Les jeunes peuvent s’inscrire gratuitement à la Skills Academy pour acquérir des compétences essentielles ainsi qu’au programme Le réseau pour participer à des activités mensuelles à faible seuil d’accès où ils et elles apprennent à tisser des liens avec d’autres personnes. Ces deux programmes sont offerts par la Fondation du Roi au Canada.

Références

Deloitte. Failure to Launch: The Economic and Social Costs of Youth Unemployment and their Long-term Impacts (en anglais), 2024. Commandé par la Fondation du Roi au Canada.

Emploi et Développement social Canada (ESDC). Bâtir un Canada fort : les jeunes sur le marché du travail, document d’information. 21 novembre 2025. Consulté le 2 septembre 2026.

Gouvernement du Canada. Note pour la période des questions : Soutien à l’emploi et aux compétences de la jeunesse canadienne. 12 juin 2025. Consulté le 3 septembre 2026.

Statistique Canada. Enquête sur la population active, Septembre 2025. 10 octobre 2025. Consulté le 2 septembre 2026.

Statistique Canada. Indicateurs du marché du travail pour les personnes avec et sans incapacité, données annuelles 19 mai 2026. Consulté le 3 septembre 2026.

Statistique Canada. Enquête sur la population active juillet 2026. 7 août 2026. Consulté le 2 septembre 2026.

Statistique Canada. Caractéristiques de la population active selon le groupe autochtone détaillé vivant hors réserve, moyennes mobiles de trois mois, données mensuelles non désaisonnalisées. 7 août 2026. Consulté le 3 septembre 2026.

Banque TD. Understanding the Rise in Canada’s Youth Unemployment (en anglais). 12 août 2026. Consulté le 2 septembre 2026.

Tobin, S. Améliorer les perspectives de carrière et le bien-être des jeunes Canadiens et Canadiennes. Centre des compétences futures, 2024.

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